Aujourd’hui, Jean-Claude Biver et Pierre Biver lancent leur marque horlogère, à proximité de Genève, dans une magnifique ferme suisse du 18e siècle (leurs nouveaux bureaux et ateliers).
devant un parterre de médias internationaux et de personnalités de l’industrie.
Cette montre ne dévoile pas tous ses mystères au premier regard. Chaque élément qui la compose a un sens aux yeux des Biver. Elle donne bien plus que l’heure, les quarts et les minutes.
Paradoxalement, en la regardant, on en oublie le temps qui passe. Est-ce important, d’ailleurs ? « Une montre a de la valeur pour nous par son aspect spirituel, par l’âme qu’elle transporte, souligne Jean-Claude Biver. Parce qu’un objet sans âme est un objet mort. Nous voulons donner naissance à l’âme de la montre ».
Jean-Claude Biver, après près de 50 années dans l’horlogerie, et son fils Pierre de 22 ans se lancent dans une nouvelle aventure : la création d’une marque hyper exclusive et de tout grand prestige. Pour ce faire ils ont fait, comme à l’époque des établisseurs, appel aux meilleurs spécialistes dans chaque domaine (cadrans, aiguilles, bracelet, boîtier, etc.) afin de réaliser des pièces d’un très haut niveau et d’une qualité dite de musée.
Le premier chapitre de cette histoire qui ne fait que commencer est dédié à une complication horlogère qui leur tient à cœur : une répétition minutes. Ou plus exactement une répétition minutes carillon dotée d’un tourbillon et d’un micro-rotor.
D’un point de vue physique, le son est une vibration. Le son déclenche des émotions chez l’homme. Et le son nous permet de vivre une montre avec tous nos sens, tout en oubliant le temps. Parce que le son est une vibration qui peut s’apparenter au monde des émotions, c’est par le son que l’aventure Biver se poursuit : une répétition minutes. Cette merveilleuse et exigeante complication, à la fois utile, mais surtout poétique, donne le son de l’éternité.
Faire autrement, dans l’esprit du collectionneur de montres, du génie de l’horlogerie qu’est Jean-Claude Biver, et dans celui de l’amateur de montres historiques qu’est Pierre Biver, c’est revenir aux sources de l’horlogerie. Faire autrement, c’est aussi placer la qualité au centre, sans compromis, et relever de vrais défis dès le départ. Aujourd’hui, la jeune marque horlogère Biver écrit le premier chapitre de sa propre histoire et présente une répétition minutes, qui signifie aussi choisir de commencer par la complexité. Voilà pourquoi la répétition minutes est le premier chapitre de l’ouvrage qui est en train de s’écrire.
Il faut comprendre que pour les Biver, la technique est au service de la philosophie des fondateurs, et pas le contraire. « Nous voulions que la répétition minutes soit la pierre fondatrice de la marque, explique Pierre Biver. Or ce qui devait primer, c’est avant tout un design avec lequel nous pouvions nous identifier. Faire en sorte que le mouvement se mette au service des codes esthétiques que nous avions définis. Une montre contemporaine, qui s’inspire de la tradition mais qui représente à la fois mon père et moi.»
Or comment rendre contemporaine une répétition minutes qui est un mécanisme inventé au XVIIIe siècle ? «Afin que les collectionneurs soient attirés par de nouveaux sons, nous avons ajouté un troisième marteau, ce qui donne à la montre une sonorité inédite et différente. Cela demande un réglage très fin du tempo, afin que le son soit juste » explique Pierre Biver. Et c’est ainsi que, pendant le processus de création, le père et le fils ont fait évoluer le concept même de répétition minutes vers un carillon. « Nous avons également voulu ajouter un tourbillon avec une cage en titane, ce qui la rend plus légère mais plus difficile à décorer, des ponts modernes, et nous avons animé la montre avec un micro-rotor » poursuit-il.
Il faut prendre le temps de regarder tous ces détails qui font l’unicité de la répétition minutes Biver pour comprendre le jusqu’au boutisme animant ceux qui l’ont voulue ainsi. Les plus infimes éléments, y compris ceux qui ne se voient pas, ont été décorés à la main dans les règles de l’art, ils ont été polis, satinés, perlés, bleuis à la flamme. C’est dans les finitions que l’on reconnaîtra la signature Biver, dans cette quête d’une beauté invisible. « Nous avons décidé de décorer l’intégralité des composants du mouvement sur toutes leurs faces, expliquent les Biver. Pour y parvenir, il a fallu pousser nos partenaires à trouver des techniques pour décorer certaines parties des pièces qui, à la base, ne sont pas faites pour être décorées. Le dessous des ponts, par exemple, sont perlés à la main, ce qui se fait très rarement.»
Le cadran pierre – en sodalite – est bombé, ce qui est une gageure. « Il est très difficile à réaliser car il est très fin : l’entier du cadran, avec sa plaque en or, mesure 1,15 mm de hauteur et 1,6mm au sommet des index. La pierre en soi ne dépasse pas 0,6mm. Toute la difficulté tient dans le fait d’obtenir cet aspect bombé sans qu’il y ait de la casse au moment du polissage.»
Ce modèle est un concentré de culture horlogère qui s’adresse à un amateur éclairé. « Elle a un côté passé-présent : nos cadrans sont bombés, comme un clin d’œil à l’horlogerie d’autrefois, mais nos index sont modernes et galbés. Nos aiguilles sont des dauphines aux sommets rabotés, les angles sont polis et le dessus est satiné » relève Pierre Biver. Quel que soit l’endroit où se pose le regard, il trouve un point d’accroche. Partout cesjeux d’ombre et de lumière racontent une histoire contrastée. Cette brillance qui se voile évoque elle aussi le passage du temps sur l’objet et renvoie à toute la philosophie qui sous-tend la marque Biver : bâtir un pont temporel qui relie passé, présent et futur.
Le bracelet métal, spécialement dessiné pour la marque, s’inspire d’un bracelet cinq rangs mais dont les maillons semblent vouloir se détacher de l’obscurité pour mieux entrer dans la lumière. « Il a été construit comme un bracelet intégré, alors qu’il est interchangeable, explique Pierre Biver. Quant à la couronne, qui est le lien le plus direct entre la pièce et son possesseur, nous la voulions imposante, avec une allure vintage ». En l’observant de très près, avec une loupe, on découvre que sa denture est polie mais que l’intérieur de chaque dent est sablé.
Bouchra KIBBOU
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