THIERRY SCHNEIDER ENTRE DIPLOMATIE CULTURELLE, ÉDUCATION ET ENGAGEMENT HUMANITAIRE

Votre parcours vous a conduit à renouveler votre engagement auprès de l’UNESCO (Liberia) pendant deux années. Que représente cette expérience pour vous ?

Cette expérience en tant que conseiller culturel auprès de l’UNESCO a été particulièrement importante dans mon parcours. Elle m’a permis d’évoluer au cœur d’un environnement international où la culture, l’éducation et le dialogue entre les peuples occupent une place essentielle.

J’ai toujours considéré la culture comme un formidable vecteur de rapprochement. Elle permet de dépasser les frontières, les différences et parfois même les divergences politiques pour créer un espace de dialogue commun.

Votre galerie parisienne semble également être devenue un lieu de rencontres qui dépassent largement le monde de l’art. Comment l’expliquez-vous ?

Une galerie est avant tout un lieu de culture, mais elle peut aussi devenir un espace de rencontres, de réflexion et d’échanges. Lorsque l’on crée un environnement autour de l’art, on crée naturellement un cadre dans lequel peuvent se rencontrer des personnalités issues d’univers très différents.

J’ai eu la chance de recevoir à la galerie le Vice-Président du Liberia et son épouse le 2 avril 2025, quelques heures seulement avant leur rencontre avec le Président de la République à l’Élysée. La délégation du Liberia à L’Unesco était également présente pour découvrir l’univers artistique de la galerie de la Galerie Schneider.

Cette rencontre a donné lieu à des échanges particulièrement intéressants sur la culture, l’action humanitaire et les perspectives de coopération.

Quels sujets ont été abordés lors de cette rencontre ?

Nous avons notamment évoqué la possibilité d’organiser une soirée caritative au profit des enfants en situation de handicap au Liberia.

C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, car je pense que la culture et l’art peuvent également servir des causes qui dépassent leur dimension esthétique ou patrimoniale.

Nous avons également abordé la question de la restauration du musée de la capitale du Liberia. La préservation du patrimoine est essentielle pour permettre à un pays de transmettre son histoire et son identité aux générations futures.

Pourquoi ce projet de restauration du musée vous paraît-il particulièrement important ?

Un musée national est bien davantage qu’un bâtiment abritant des œuvres ou des objets historiques. C’est un lieu de mémoire.

Restaurer un musée, c’est préserver une partie de l’histoire d’un peuple, mais aussi permettre aux jeunes générations de mieux comprendre leur héritage culturel.

Dans le cas du Liberia, cette réflexion prend une dimension particulière. La culture peut contribuer à renforcer le sentiment d’appartenance, à transmettre la mémoire et à ouvrir de nouvelles perspectives.

Vous avez ensuite reçu la Ministre de l’Éducation du Liberia, Mme Jarso Maley Jallah à Paris. Quel était l’objectif de cette rencontre ?

Nous avons souhaité poursuivre les échanges autour de différents projets liés à l’éducation.

La rencontre s’est tenue à l’Hôtel Napoléon à Paris, en présence également de personnalités importantes de l’UNESCO et du Liberia.

L’objectif était de réfléchir à des initiatives concrètes et à différentes possibilités de coopération dans le domaine éducatif.

Pourquoi accorder une place aussi importante à l’éducation ?

Parce que l’éducation est probablement l’un des investissements les plus importants qu’une société puisse réaliser.

La culture permet de comprendre d’où l’on vient ; l’éducation permet de préparer l’avenir.

Lorsque ces deux dimensions sont réunies, elles peuvent devenir des moteurs puissants de transformation. C’est précisément cette complémentarité qui m’intéresse.

Votre démarche semble donc se situer à la croisée de l’art, de la diplomatie et de l’action humanitaire. Est-ce une orientation volontaire ?

Oui. Je ne souhaite pas considérer l’art comme un univers isolé.

L’art peut être une passerelle entre les cultures. Il peut favoriser les rencontres, soutenir des initiatives humanitaires et contribuer à la mise en valeur du patrimoine.

À mes yeux, la véritable richesse d’une démarche culturelle réside aussi dans sa capacité à produire du dialogue et, lorsque cela est possible, à générer des projets utiles.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ces différentes rencontres avec les représentants du Liberia et de l’UNESCO ?

Je les considère avant tout comme des moments de dialogue et de construction.

Une rencontre n’a de véritable valeur que lorsqu’elle permet d’ouvrir une perspective. Les échanges avec le Vice-Président et son épouse, puis avec la Ministre de l’Éducation et différentes personnalités de l’UNESCO et du Liberia, ont permis d’envisager plusieurs pistes autour de la culture, du patrimoine, de l’éducation et de l’humanitaire.

Quel serait, finalement, le fil conducteur de votre engagement ?

Créer des passerelles.

Entre la culture et la diplomatie. Entre les institutions et la société civile. Entre la préservation du patrimoine et l’avenir des nouvelles générations.

Je crois profondément que l’art peut contribuer à rapprocher les individus et les nations. Mais cette conviction prend tout son sens lorsqu’elle se traduit par des initiatives concrètes.

Et Paris dans tout cela ?

Paris possède une dimension internationale exceptionnelle. C’est une ville où se croisent les cultures, les institutions, les diplomates, les artistes et les décideurs.

C’est donc un cadre naturel pour faire naître ce type de dialogue.

Entre une galerie, l’UNESCO, les institutions françaises et les représentants d’un pays comme le Liberia, Paris peut devenir le point de départ de collaborations qui dépassent largement le monde de l’art.

Si vous deviez résumer votre vision en quelques mots ?

Je dirais simplement : faire de la culture un espace de dialogue et de l’engagement une force d’action.

L’art nous rappelle notre histoire. L’éducation prépare notre avenir. Et la diplomatie permet parfois de construire le chemin qui relie les deux.

« Défendre ceux qui nous protègent, donner aux enfants les moyens de construire leur avenir »
Entretien. De la solidarité envers les policiers à l’engagement en Afrique

Votre engagement philanthropique vous conduit également à soutenir les forces de l’ordre françaises. Vous avez notamment participé à deux soirées avec l’Amicale de la Police. Pourquoi cette cause vous tient-elle à cœur ?


La police occupe une place essentielle dans notre société. Derrière l’uniforme, il y a des femmes et des hommes qui peuvent être confrontés quotidiennement à des situations extrêmement difficiles, parfois au prix de blessures physiques ou de traumatismes profonds.

L’Amicale de la Police, dirigée par un homme de conviction et de caractère, Mr Marc Silvera, porte précisément cette volonté de défendre et d’accompagner les policiers blessés ou traumatisés, mais également leurs familles avec la complicité de Mr Laurent Nunez.
Il était donc naturel pour moi de m’associer à cette démarche et de contribuer, à travers ces événements, à mettre en lumière leur engagement.


Deux soirées ont notamment été organisées avec l’association. Que représentent-elles pour vous ?


Ces deux soirées ont permis de réunir des personnalités autour d’une même idée : la solidarité.
Le gala est un moment de convivialité, mais il est surtout l’occasion de rappeler que derrière chaque mission accomplie par un policier, il peut y avoir des sacrifices, des blessures et parfois des conséquences qui touchent toute une famille.
La deuxième édition, organisée en juin 2026, a pris une dimension particulière puisqu’elle était consacrée au Gala de bienfaisance pour la Police nationale de France, avec une attention particulière portée aux enfants de policiers. J’ai été ravi d’échanger durant cet événement mémorable avec Mr Renaud Muselier, Président de la Région Provence Alpes Côte d’Azur ainsi que Mr Laurent Nunez, Ministre de l’Intérieur.


Pourquoi avoir choisi de mettre particulièrement les enfants au cœur de cette deuxième édition ?


Parce qu’un engagement auprès des policiers ne peut pas s’arrêter à la personne qui porte l’uniforme.
Lorsqu’un policier est blessé ou traumatisé dans l’exercice de ses fonctions, c’est souvent toute sa famille qui est concernée. Les enfants peuvent eux aussi vivre les conséquences de ces situations.
Soutenir les enfants de la police, c’est donc reconnaître cette dimension familiale et humaine. C’est leur montrer que la société n’oublie ni leurs parents, ni les sacrifices auxquels ils peuvent être confrontés.


Vous développez parallèlement des projets à destination des enfants au Liberia. Le « Sac à Dos de la rentrée 2026 » en est un exemple particulièrement ambitieux pouvez vous nous en dire plus?


Oui, en effet c’est un projet auquel j’accorde beaucoup d’importance.
Il est mené en collaboration avec le Ministre de l’Éducation du Liberia et vise à accompagner les enfants au moment de la rentrée scolaire.
L’objectif est particulièrement symbolique et concret à la fois : plusieurs milliers de sacs à dos ont été distribués aux enfants du Liberia pour leur souhaiter une bonne rentrée et les encourager.

Pourquoi un projet aussi simple en apparence peut-il avoir une telle portée ?


Parce que l’accès à l’éducation commence aussi par des choses très concrètes.
Pour un enfant, avoir un sac pour aller à l’école peut sembler être un détail. Mais dans certaines situations, cela peut représenter beaucoup. C’est un objet qui accompagne l’enfant dans son quotidien, qui lui permet de transporter ses fournitures et qui symbolise aussi son entrée dans une nouvelle année scolaire.
J’aime cette idée de partir d’une action très concrète pour porter un message beaucoup plus large : l’éducation doit rester une priorité.


Vous semblez établir un véritable fil conducteur entre vos différents engagements : les enfants, l’éducation, la santé et la solidarité.


C’est effectivement le point commun entre plusieurs de ces projets.
Qu’il s’agisse des enfants de policiers en France ou des enfants du Liberia, la question est finalement la même : comment pouvons-nous contribuer, à notre niveau, à leur offrir de meilleures perspectives ?


L’éducation, la santé et la protection des familles sont des domaines dans lesquels les initiatives privées, associatives et institutionnelles peuvent se compléter.


D’autres projets sont-ils actuellement en préparation ?


Oui en effet, plusieurs dossiers sont actuellement à l’étude.
Parmi eux figure notamment un projet consacré à la lutte contre le paludisme avec un pays africain. C’est une question de santé publique majeure sur le continent et nous travaillons actuellement sur les différentes possibilités de collaboration.
Un autre projet concerne le domaine médical et plus particulièrement le diabète.
L’objectif est de pouvoir inscrire ces initiatives dans la durée, avec une approche sérieuse et structurée, en travaillant avec les interlocuteurs et les institutions compétentes.


Votre action semble donc progressivement s’étendre de la culture vers des problématiques beaucoup plus larges.


Je ne vois pas véritablement de rupture entre les deux. La culture m’a permis de rencontrer des personnalités, des institutions et des responsables venus d’horizons très différents. Ces rencontres créent parfois des opportunités de dialogue qui permettent ensuite de faire émerger des projets dans d’autres domaines.
Aujourd’hui, je souhaite utiliser ces relations et cette expérience pour soutenir des initiatives qui ont une dimension humaine, éducative, médicale ou sociale.


Quel est votre objectif pour les prochaines années ?


Je souhaite continuer à construire des projets qui puissent avoir un impact réel.
Je préfère parler de construction plutôt que de communication. Un gala peut permettre de réunir des fonds et des personnalités ; une rencontre institutionnelle peut faire naître un partenariat ; un projet comme des milliers de sacs à dos peut toucher directement des milliers d’enfants.
Ce sont ces résultats concrets qui donnent du sens à l’engagement.


Si vous deviez définir votre philosophie philanthropique en une phrase ?


Je dirais : être utile là où l’on peut l’être, et transformer les rencontres en actions.
Défendre ceux qui nous protègent. Soutenir les enfants. Favoriser l’éducation. Contribuer à améliorer l’accès à la santé.

Merci à vous.

Bouchra KIBBOU

#THIERRYSCHNEIDER

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