
El Mehdi Ichar, plus connu sous le nom d’Ichar Création, n’a pas attendu d’intégrer une école prestigieuse pour faire parler la couleur. C’est par la rue, le geste et l’instinct qu’il s’est formé. Très tôt, le dessin et la peinture sont devenus pour lui des compagnons de route, une manière de donner forme à ses émotions, de traduire ce qui ne se dit pas avec des mots.

Son parcours ne suit pas les sentiers balisés des académies : il emprunte plutôt les chemins libres de ceux qui expérimentent, qui osent, qui se cherchent et se trouvent dans la matière.
À Plouray, petite commune nichée dans la verdure du Morbihan, un atelier vibre de couleurs et d’énergie. Sur les murs, des visages s’élèvent, des chevaux galopent, des explosions de pigments s’entrechoquent dans une danse lumineuse.

L’artiste à l’origine de ce tumulte chromatique s’appelle El Mehdi Ichar. Peintre, graffeur, créateur pluridisciplinaire, il incarne cette génération d’artistes qui ont su faire du street art une voie d’expression intime, poétique et universelle.
Chez lui, l’art n’est pas une posture : c’est une respiration. Et chaque toile, chaque fresque, chaque trait de spray raconte une part de sa quête celle de la beauté, du mouvement, de l’émotion pure.
Avec un parcours autodidacte guidé par la passion, installé désormais en Bretagne, son atelier de Plouray est devenu un lieu vivant, un laboratoire d’idées, un espace ouvert où la création se partage. L’artiste y peint, y expose, mais surtout, il y accueille. Il partage son savoir-faire avec les habitants, les curieux, les enfants. « L’art, dit-il, n’a de sens que lorsqu’il circule. » Cette conviction transparaît dans chacune de ses œuvres : elles sont conçues pour dialoguer, pour vibrer au contact du regard de l’autre.

Le nom Ichar Création n’est pas seulement une marque, c’est une philosophie. Sur son site officiel et ses réseaux, on découvre un univers où se mêlent peinture, design, vêtements, vidéos, et projets collaboratifs. L’artiste ne se limite pas à la toile : il conçoit aussi des fresques murales, des logos, des objets décoratifs, voire des pièces textiles en série limitée. Cette pluralité est au cœur de sa démarche. Pour lui, l’art doit sortir des cadres, aller à la rencontre des gens, vivre dans la rue, sur un mur, sur une façade, sur un vêtement.

Originaire du Maroc, son pays natal l’accompagne jusque dans les toiles, toujours très concentré, précis, mais habité par une énergie presque chorégraphique, il a l’art de donner vie à chacune de ses créations. Son geste est vif, sûr, empreint de cette urgence que connaissent ceux qui peignent comme on respire.
Peindre, pour lui, c’est une manière d’être au monde d’habiter le présent avec intensité.
Depuis son enfance il a toujours été muni avec un crayon à la main pour dessiner sur ses cahiers, dès l’âge de 5 ans il s’est trouvé une forte passion pour les arts plastiques, à 16 ans il a intégré l’ecole des orangers à Rabat, c’est à ce moment qu’il a eu un véritable déclic pour son avenir professionnel car l’art a toujours été une manière pour lui de transcrire ce qu’il ressentait. S’inspirant énormément de la vie quotidienne, des gens et des émotions. Ses origines et ses racines l’inspirent énormément ainsi que toutes les histoires autour de lui qui contribuent à nourrir sa créativité. Sa plus grande source d’inspiration reste l’être humain, les visages, les regards, les postures et les histoires cachées derrière chaque expression de visage.

Mehdi Ichar a eu la chance d’exposer dans différents lieux aussi bien en France qu’au Maroc : galeries, centres culturels, foires, festivals, salons d’art contemporains, au Théâtre Mohammed V, le salon d’art contemporain à Casablanca, durant l’événement La nuit des Galeries à Kenitra, les tableaux ont rencontrés un immense succès à la Bibliothèque Nationale Mohammed VI, il a exposé à Fes, à Tanger, à Marrakech ainsi qu’à Rabat durant l’événement artistique l’Art en direct et voilà maintenant plus de 6 ans qu’il expose à Art3f à Paris toujours avec beaucoup d’enthousiasme.
Regarder une toile d’El Mehdi Ichar, c’est plonger dans un tourbillon de lumière. Sa palette est vive, éclatante, les couleurs s’y répondent, se défient, se réconcilient. Ses compositions alternent entre abstraction maîtrisée et figuration expressive. On y retrouve souvent des visages, des animaux symboliques, ou des formes en mouvement.

L’une de ses œuvres emblématiques, La Force, représente un cheval lancé à pleine allure symbole de puissance, de liberté, de détermination. La peinture, ici, n’est pas seulement représentation : elle devient métaphore. Chaque couleur, chaque trait, raconte une émotion. Le rouge parle de passion, le bleu de profondeur, le jaune d’énergie solaire. Chez lui, la couleur est un langage, un alphabet émotionnel qui relie les êtres.

Loin des galeries fermées sur elles-mêmes, Mehdi Ichar préfère l’art vivant, celui qui se partage dans la rue ou dans un atelier ouvert.
À Plouray, il a transformé son lieu de travail en espace de création participative. Les visiteurs peuvent observer, échanger, parfois même participer. Les enfants viennent y peindre, les amateurs s’y essaient au graffiti, et chacun repart avec un peu de cette énergie contagieuse.

Il ne cherche pas à impressionner : il cherche à transmettre. Dans un monde saturé d’images, il veut redonner à la création sa dimension humaine, tactile, vibrante. « L’art, dit-il, c’est ce qui nous relie. » Cette phrase résume parfaitement sa démarche : peindre non pas pour s’isoler, mais pour rassembler.
Si le street art a souvent une connotation urbaine et revendicative, chez Mehdi Ichar il devient méditation. Le mur n’est pas un espace de provocation, mais un support de réflexion. Ses fresques sont des respirations dans le béton, des pauses colorées qui invitent à regarder autrement.
Il peint parfois des visages fermés, presque introspectifs, comme s’il cherchait à capturer l’instant d’avant la parole, le moment où l’émotion naît.

Cette approche spirituelle, discrète mais présente, donne à son œuvre une dimension presque mystique. Il ne s’agit pas de religion, mais d’une quête d’harmonie — entre soi et le monde, entre la couleur et la lumière, entre le geste et le silence.
« La plus belle chose que je puisse vivre, c’est de rester inspiré par les belles choses de la vie », confie-t-il. C’est cette gratitude permanente, cette capacité à s’émerveiller, qui irrigue tout son travail.

El Mehdi Ichar appartient à cette génération qui a su comprendre l’importance du numérique sans s’y perdre.
Présent sur Instagram, YouTube, et sur son propre site, il utilise ces outils comme des galeries ouvertes sur le monde. Ses vidéos de créations, souvent en accéléré, sont regardées par des milliers de personnes. On le voit peindre Freddie Mercury, des portraits féminins, des chevaux, des visages expressifs.Chaque œuvre devient un dialogue visuel avec ses abonnés.
Mais contrairement à beaucoup d’artistes qui se contentent d’exister en ligne, Mehdi Ichar fait le chemin inverse : il ramène le virtuel vers le réel. Il invite les internautes à venir découvrir son atelier, à toucher la matière, à sentir l’odeur de la peinture, à comprendre que derrière chaque image se cache une main, un souffle, un cœur.

Dans un monde où l’art est souvent perçu comme réservé à une élite, El Mehdi Ichar revendique un art accessible.
Ses toiles, souvent vendues à des prix raisonnables, ses ateliers, ouverts à tous, et sa présence constante sur le terrain témoignent d’une volonté de démocratiser la création.
Il ne s’agit pas pour lui de séduire le marché, mais d’émouvoir.
Chaque exposition, chaque commande, chaque fresque devient une histoire partagée.
Et c’est sans doute là que réside la clé de son succès : il ne cherche pas à imposer une œuvre, mais à provoquer une rencontre.
Son public, fidèle et varié, le suit autant pour ses peintures que pour sa personnalité solaire et bienveillante.

S’il a voyagé, c’est en Bretagne que Mehdi Ichar a choisi de poser ses pinceaux.
La nature, la lumière, les paysages y jouent un rôle central dans sa créativité. La mer, les forêts, les ciels changeants nourrissent sa palette et son imaginaire. Son atelier de Plouray, baigné de lumière naturelle, est un espace à la fois simple et magique un lieu où l’on sent la paix, mais aussi la tension créatrice du travail.
Il y peint parfois en musique, laissant le rythme guider son geste. Les visiteurs parlent d’une expérience presque hypnotique : voir un tableau naître sous ses doigts, c’est assister à une forme de danse picturale.
La Bretagne, terre de contrastes, semble lui ressembler : rude et douce, lumineuse et mystique.
Certains diraient que Mehdi Ichar se situe à la croisée de plusieurs mondes : l’artisan, l’artiste, le pédagogue. Mais c’est précisément cette hybridité qui fait sa force. Il ne sépare pas la création de la transmission, la technique de l’émotion, le geste du sens. Sa peinture, bien que profondément contemporaine, garde une part d’humanité brute qui touche le spectateur sans détour.

Dans ses toiles, il n’y a ni cynisme ni artifice : seulement la sincérité d’un homme qui peint ce qu’il ressent. Et cette sincérité, à l’heure où beaucoup d’œuvres cherchent à « conceptualiser » plus qu’à émouvoir, sonne comme un acte de résistance.
L’histoire d’El Mehdi Ichar n’est pas celle d’un artiste arrivé, mais d’un créateur en perpétuel mouvement. Chaque projet ouvre de nouvelles perspectives : expositions, collaborations, fresques publiques, ateliers d’initiation. Sa présence sur les plateformes de cotation comme I-CAC confirme une reconnaissance grandissante, mais lui ne semble pas courir après les labels.
Ce qui le motive, c’est le partage, l’échange, la création continue. Il rêve d’ouvrir d’autres ateliers, peut-être itinérants, pour faire circuler la couleur dans des lieux qui en manquent.
Pour lui, l’art ne se vend pas : il se transmet.

El Mehdi Ichar appartient à ces artistes rares qui peignent non pas pour être vus, mais pour voir autrement.
Son œuvre, foisonnante, généreuse, lumineuse, est une invitation à ralentir, à contempler, à ressentir.
Dans chaque trait de peinture, on sent la joie, la lutte, la foi en la beauté du monde. Ses toiles ne cherchent pas à plaire : elles cherchent à toucher.

En un temps où l’art se digitalise, se finance, se théorise, Mehdi Ichar nous rappelle une vérité simple : peindre, c’est vivre. Et dans chaque œuvre qu’il signe, il y a un peu de cette vie brute, éclatante, sincère offerte en partage à ceux qui savent encore regarder.
Bouchra KIBBOU
#MEHDIICHAR
